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Editorial

Prenez-vous la bonne dose ?

par Paul Dupont le Jeudi 17 juin 2010

Les traitements les plus lourds sont-ils les plus efficaces ? C’est ce que l’on voudrait nous faire croire aujourd’hui en matière de santé. L’importance de la dose serait un gage d’efficacité du produit.
Cette croyance consistant à penser qu’on aura des résultats meilleurs sur le long terme avec des concentrations plus élevées est difficile à combattre. Pourtant elle n’est pas basée sur des faits avérés.

Des études récentes prouvent même le contraire. On a ainsi évalué par exemple le devenir de surdoses de vitamines comme la vitamine A. On sait que l’organisme humain en a besoin pour être en bonne santé car il ne la fabrique pas. Mais que se passe-t-il si on lui en apporte trop d’un seul coup ? Il y a excès et le corps va s’autoréguler : il n’en assimelera qu’une partie. Si cette molécule pénètre malgré tout en trop grande quantité, il va devoir également diminuer sa transformation et son utilisation périphérique pour enfin limiter son stockage hépatique. Mais tout ceci nécessite un travail et utilise de l’énergie. Tant au niveau du foie, de l’intestin que des émonctoires et des tissus qui gèrent la molécule, il y a consommation d’énergie. De plus, lorsqu’on cesse l’apport excessif, après un certain temps, il y a état de manque. Les processus d’homéostasie mis en place ne sont plus valables, l’organisme doit se réadapter. Et il lui faut bien plusieurs mois pour s’y faire !

Il en est de même avec la vitamine C de synthèse dont l’absorption brutale ou régulière au-delà de 500 mg nécessite son élimination rénale puis se complique d’état de manque. Ce produit favorise l’acidification, la fuite urinaire de cette vitamine, et avec elle, celle du magnésium.

Et c’est la même chose pour tous les médicaments allopathiques. L’organisme doit les éliminer comme quelque chose qui ne lui appartient pas, pour ne pas dire que cela l’intoxique à petit feu. Ne vaut-il donc pas mieux se contenter là aussi de doses minimales efficaces au lieu de cette inflation thérapeutique dont l’efficacité par rapport à une dose moindre n’est pas prouvée ?

En fait, ce sont les doses absorbées dans les limites de ce dont l’organisme a besoin – mais sans plus – qui préservent son équilibre nutritionnel et accroissent son potentiel de bonne santé. Cette notion est une question de culture. Ceux qui rejettent l’homéopathie devraient se poser la question de savoir pourquoi un gros bloc mis en travers d’une avalanche ne va l’arrêter que temporairement. Puis, une fois l’obstacle passé, former une avalanche encore plus monstrueuse. Bien souvent on veut lutter contre le mal en lui barrant la route, ce faisant, on ne fait que l’entretenir. Tandis que si on stimule le bien avec une petite dose, on peut retrouver peu à peu la santé.

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